Nairobi Kenya contrôle technique

Dans une optique de lutte contre l’insécurité routière, le Kenya a mis en consultation un projet de réglementation prévoyant d’envoyer les véhicules en circulation au contrôle technique tous les deux ans. Le système serait en outre confié à des opérateurs privés.

Contrôle technique au Kenya

Le directeur des Transports et de la sécurité routière au Kenya l’a affirmé sans détour : « La plupart des accidents sont causés ou impliquent des véhicules particuliers en mauvais état. Afin de lutter contre cela, tous les véhicules particuliers âgés de plus de quatre ans seront inspectés tous les deux ans » a-t-il fait savoir à Business Daily. Un projet de loi traduisant cela a été mis en consultation public jusqu’au 25 juin prochain.

Selon ce document consulté par Africargus, deux idées majeures se dégagent. La première concerne bien sûr la fréquence des contrôles techniques automobiles: les Véhicules particuliers (VP) seraient soumis au même régime qu’en Europe, c’est-à-dire à une visite tous les deux ans une fois leur quatrième année atteinte. Pour les véhicules utilitaires, les véhicules liés aux services publics ou encore les auto-écoles, la fréquence serait annuelle.

Les minibus et transports publics seraient soumis au même régime, tandis que tous les véhicules accidentés seraient aussi tenus, après réparation, d’effectuer une visite technique. Le projet prévoit aussi une visite en cas de modification technique (comme un changement de moteur, par exemple). Seraient exclus des visites techniques périodiques les engins de la présidence, de l’armée, de la police et ceux liés à un usage strictement agricole.

Toujours selon le modèle européen, le véhicule pourra être recalé par l’opérateur à l’occasion du contrôle technique ; dans ce cas-là, son propriétaire aura 14 jours pour procéder aux réparations. La contre-visite sera gratuite si elle est effectuée dans ce délai.

Vers une délégation de service public

Les autorités kényanes souhaitent en outre confier le contrôle technique de véhicules au secteur privé, désormais. Le projet de loi explique que les opérateurs devront témoigner d’un diplôme en mécanique, d’une expérience de cinq ans dans « l’industrie automobile », etc. Le texte est de plus tout à fait clair sur un point : « Le centre de contrôle ne devra pas être lié à une activité de réparation des véhicules », un point qui ne fait toujours pas l’unanimité en Europe à l’heure actuelle.

Le parc automobile kényan serait de deux millions de véhicules. Selon diverses sources, les craintes du grand public sont liées à une franche augmentation des tarifs en confiant le contrôle technique au secteur privé.

Arnaud Murati

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