Axel Peyriere africargroup

Voitures.ci, Mobili.ml, Carasigbe.com… Lorsque l’on passe le Sahara en allant vers le sud, les sites d’annonces automobiles ont une allure similaire en dépit d’un nom qui fait toujours écho à leur nation. Toutes ces plateformes appartiennent à Africargroup, une place de marché développée par des personnes basées à Sydney, en Australie. L’un des cofondateurs d’Africargroup, le Français Axel Peyrière, a trouvé quelques instants pour répondre aux questions d’AfricArgus.

Africargus : Quand avez-vous démarré et dans quel pays ?

Axel Peyrière : « Le premier site a démarré fin 2017. Nous avions commencé par une dizaine de pays, mais nous nous sommes vite dit « autant tout avoir ! » Nous avons développé une technologie, cela ne nous coûte pas plus cher de la déployer sur tous les pays plutôt que sur un seul. Autant tout faire, cela ouvre des opportunités. Nous couvrons quarante pays à l’heure actuelle, nous sommes les seuls à avoir des annonces automobiles dans quasiment tous les pays d’Afrique ».

Pourquoi ne pas avoir monté des sites d’annonces généralistes ?

« Parce que les sites généralistes sont pleins d’arnaques. Nous, on essaie de bien catégoriser les annonces, d’enlever le maximum de choses qui nous paraissent louches. Cela se fait avec de la technologie et avec des gens sur place. Nous avons mis un peu plus de 2 ans pour développer tout cela. »

Combien d’utilisateurs avez-vous, combien d’annonces sont mises en ligne chaque mois ?

« Il y a des milliers, voire des dizaines de milliers de véhicules à vendre dans chaque pays, c’est évidemment variable. Les utilisateurs se chiffrent en centaines de milliers. Nous pourrions acheter du trafic, mais ce ne serait pas réel. Nous avons 5 millions de personnes qui nous suivent sur les réseaux sociaux, principalement sur Facebook. »

Quels sont les pays où votre activité se porte le mieux ?

« Là où il y a le plus d’opportunités de business, c’est sur les petits pays, car ce sont des endroits où il y a moins de concurrence et donc plus de choses à créer : Togo, Bénin, Burkina-Faso, mais aussi Zambie, Botswana, Malawi, Lesotho même. Au final, nous avons une position de leader sur le marché, nous sommes numéro 1 dans la plupart des pays sauf dans les gros, où nous sommes devancés par des plateformes qui dépensent des centaines, des millions de dollars à l’année pour faire du marketing. »

Quelle est l’origine des annonces ?

« Nous avons de tout, particuliers et professionnels, et même des importateurs qui viennent de Dubaï et qui se sont rendus compte que l’Afrique est un énorme marché ! Les annonces ne sont pas différenciées en fonction de l’origine du vendeur, mais nous essayons de publier les annonces des gens que l’on connait. »

Les concessionnaires mettent-ils en ligne leurs stocks de véhicules neufs dans certains pays ?

« Ils pourraient, mais ne le font pas encore simplement parce que nous ne sommes pas allés les chercher pour l’instant. Mais ceci est en train de changer, surtout depuis l’arrivée des constructeurs chinois et indiens en Afrique ».

Etes-vous rentable ?

« Nous créons plus de valeur que de revenus ! L’objectif, à l’heure actuelle, est encore de mieux comprendre le marché… »

Propos recueillis par Arnaud Murati

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