cameroun pneus africargus

Deux frères d’origine camerounaise, Benjamin et Frédéric Belibi, ont monté un projet visant à débarrasser et valoriser le Cameroun de ses pneus usagés. Les collectes ont débuté auprès des professionnels, le secteur informel suivra bientôt.

Le gisement est énorme : « Environ 9 millions de pneus sont abandonnés chaque année au Cameroun » souligne Benjamin Belibi de Pneupur, « sans compter les stocks historiques… ». Pour le jeune entrepreneur, impossible de laisser autant d’enveloppes s’égayer dans la nature. Les pneus usagés représentent une pollution non négligeable, ils ont de plus tendance à favoriser la prolifération des moustiques en leur offrant un abri de nidification idéal.

Les deux frères ont donc lancé Pneupur : une start-up visant à collecter les pneus hors d’usage pour les recycler, essentiellement en aires de jeux ou en terrains de sport. D’après Benjamin Belibi, ce sont déjà 2133 m2 de sol recyclé qui ont été vendus : « A un hôtel, à une école de Yaoundé ainsi que pour une aire de jeux récréative » précise-t-il.

Collecte de pneus usagés : le secteur informel

Mais encore faut-il de la matière première afin de recycler des pneus usagés. M. Belibi indique que pour l’instant, il existe « une collecte avec les grands distributeurs » de pneumatiques. Ces distributeurs agissent pour le compte des grands manufacturiers.

Toutefois, ces acteurs officiels de l’automobile sont loin d’être les uniques détenteurs de stocks de pneus usagés : « Pour le secteur informel ou agissent les rechapeurs, nous avons créé une application mobile. Vingt et un rechapeurs de Douala l’ont déjà téléchargée » témoigne Benjamin Belibi, qui souhaiterait que n’importe qui dispose de l’application afin de le prévenir de la présence d’un pneu hors d’usage : « L’idée, ce serait que lorsque la personne ramène un pneu, elle bénéficie par exemple d’un bon d’achat… » Tout cette phase auprès du secteur informel est encore en test à l’heure actuelle, le président de la start-up pense qu’il aura une vision plus claire des choses à compter de septembre prochain.

Ce système et cette idée 100% camerounaise, largement aidée par des structures françaises, devrait faire tâche d’huile prochainement : « Nous avons déjà eu des contacts au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Togo et en Tunisie » reprend Benjamin Belibi, qui ne cache pas que le projet avance bien du côté d’Abidjan : « Nous allons y ouvrir un bureau commercial d’ici 5 ou 6 mois et après, nous construirons le projet industriel » prévient-il.

Arnaud Murati

 

 

 

Réagir à cet article