togo véhicule occasion

Le Togo est, avec le Bénin, l’une des principales destinations des véhicules d’occasion importés d’Europe et d’ailleurs. Plongée au cœur des parcs à véhicules du port de Lomé.

Il y en a pour tous les goûts. Toutes les bourses. Tous les besoins… La vente de véhicules d’occasion est en forme au port de Lomé : 600 000 m2 de parcs sont dévolus aux occasions, certains réunissant les véhicules par typologie, d’autres non. Poids lourds, engins de travaux publics, véhicules particuliers, utilitaires légers, pièces détachées, véhicules accidentés, absolument tout ce qui constitue une auto est susceptible d’atterrir dans ces parkings surveillés, situés à quelques centaines de mètres de la mer.

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Ici un poids lourd, un Daf. La plaque d’immatriculation est française, le contrôle technique français est périmé depuis 3 mois à peine. Neuf millions de FCFA à débattre, selon son propriétaire. Mais le kilométrage reste inconnu. Plus de batterie et le compteur est électronique. Le système de dépollution AD Blue a été supprimé. Dans la cabine, on trouve une plaque d’immatriculation espagnole un peu défraîchie. Le camion a sans doute vécu une première vie en Espagne, une deuxième en France avant d’entamer sa carrière africaine.

Des véhicules d’occasion en attente de dédouanement au Togo

Dans les allées poussiéreuses des parcs, on fait le tour du monde en regardant les hayons et les plaques d’immatriculation. France. Belgique. Suisse. Etats-Unis. Là, sous un toit, sont proprement exposés des véhicules visiblement en provenance des Amériques. Il n’en est rien, en réalité. Ces Jeep Cherokee et autres Cadillac proviennent de Norvège, d’après Soübou, leur propriétaire. L’un des ses frères y vit et envoie cinq à six fois par an des véhicules vers Lomé. Des 4×4 transformés prêts à en découdre avec la piste après avoir connu la neige, mais aussi des cars, des camions… A 11 millions de FCFA le Cherokee âgé de 24 ans avec 298 400 km au compteur, les affaires ne se sont pas quotidiennes.

Un peu plus loin, Olivier expose divers véhicules. Une BMW 530 semble encore capable d’affronter les kilomètres. Elle n’est pas à vendre, mais en attente de dédouanement pour son propriétaire. Sinon, il y a la Toyota Yaris de 2005 qui est disponible… Mais il faut encore la dédouaner. Les vendeurs de véhicules vendent des véhicules, ce sont ensuite les transitaires qui effectuent tout le travail administratif de mise en règle des autos. Le prix varie en fonction de l’âge de la voiture, de son état et de bien d’autres paramètres encore. Le contrôle technique est obtenu sans que le véhicule passe forcément entre les mains des mécaniciens, un coût à ne pas négliger non plus…

Peinture et mécanique locales

Autre parc, changement d’ambiance. Les 4×4 sont ici à l’honneur. Certains sont presque neufs. Ici un Toyota Rav 4 de 2019. Le vendeur explique qu’il vient des Etat-Unis. A n’en pas douter, puisque le compteur n’est pas en kilomètres et affiche seulement 5978 miles. Son prix ? Environ 17 millions, mais le dernier prix serait plutôt de 16 millions FCFA selon le vendeur car là encore, tous les frais administratifs sont encore à effectuer.

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A peine à une vingtaine de mètres de là, odeur de peinture et bruit d’un compresseur. Un carrossier repeint une Opel, dans la poussière, coincés entre plusieurs autos. Toujours sur le même parc, un autre mécanicien soude au chalumeau sous une Mazda, à quelques centimètres à peine du réservoir d’essence…

Arnaud Murati

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