Marché algérien, une offre plus large
L'arrivée de Peugeot avec son usine va conforter la diversification de l'offre

Le marché de l’automobile algérien reprend des couleurs. Ce n’est pas encore celui des années fastes 2010-2013, loin de là, mais au regard du nombre de modèles assemblés localement, les clients commencent à trouver leur bonheur.

Pour rappel, le marché a connu une longue période de disette à partir de 2015, marquée par la redistribution des cartes, puis l’instauration des quotas en 2016, puis l’arrêt des importations et le passage à l’industrie. Bien sûr, cette industrie naissante n’est pas encore performante, ni en termes de capacité de production, ni en termes de diminution de la facture des importations. C’est une période transitoire, un passage obligé qui va durer encore quelques années avant de voir ces usines d’assemblage franchir plusieurs caps pour devenir de vrais sites industriels, au sens le plus complet de l’expression.

Marché offres larges - Algérie
TMC assemble près d’une dizaine de modèles Hyundai à Tiaret

Chaque usine assemble plusieurs modèles

En effet, les véhicules assemblés en Algérie sont importés en partie démontés, après avoir été produits dans leurs usines d’origine. Cela impacte fortement le prix de revient de cette production locale. Mais qu’à cela ne tienne, aujourd’hui, on constate un certain dynamisme et un nouveau souffle chez ces usines qui arrivent à assembler plusieurs modèles pour répondre aux besoins du marché. Le groupe Sovac en est le meilleur exemple avec la production de plusieurs modèles de cinq marques : Volkswagen VP, Volkswagen Utilitaires, Seat, Skoda et depuis peu Audi.  Cela permet au représentant du groupe allemand de proposer un large choix de modèles sur plusieurs segments de marché. De son côté, le groupe Tahkout assemble près d’une dizaine de modèles de la marque sud-coréenne Hyundai en attendant le démarrage de l’assemblage de la marque Suzuki. Troisième acteur sur ce créneau du montage automobile, Global Group détenteur des marques Kia et Hyundai camion. A partir de son site de Batna, cet acteur diversifie déjà sa production en assemblant plusieurs modèles de véhicules particuliers de la gamme Kia et les véhicules utilitaires de Hyundai (Bus et Camion). Cet acteur a déjà initié une action vers l’export à la faveur de la création d’une joint-venture, LOGAM, avec un partenaire mauritanien. Pour Kia Al Djazair, le marché mauritanien est une première étape dans la conquête des marchés de la CEDEAO. Toujours dans le segment des utilitaires, Ival représentant de la marque italienne Iveco assemble depuis près d’un an le fourgon Iveco. Comme Global Group, Ival vient de s’installer en Mauritanie pour fournir ce marché en différents types de véhicules utilitaires et autres camion poids lourds. A travers cette action, Ival vise également plusieurs marchés de la zone CEDEAO. Enfin, pour finir ce petit tour d’horizon sur les usines en activité en Algérie, nous ne manquerons pas de signaler celle de Renault Algérie Production. Cette usine a été la première à être inaugurée. En Novembre 2014, soit il y a quatre ans, la première voiture, une Renault Symbol, sortait de ses lignes d’assemblage en présence de Carlos Ghosn et de l’ancien chef du gouvernement algérien, Abdelmalek Sellal. Aujourd’hui, Renault Algérie Production assemble trois modèles, Symbol, Clio4 et Dacia Sandero.

Marché algérien, une offre plus large
Renault Symbol est le premier modèle assemblé en Algérie

Un volume de production en nette croissance

Cette dynamique dans la diversité des modèles assemblés localement, même si elle risque de retarder l’amélioration du taux d’intégration qui reste le défi le plus important pour cette industrie, va être confortée par la récente arrivée de Peugeot qui a déjà commencé l’assemblage de la citadine 208 et celle de Ford qui vient semble-t-il, d’obtenir son feu vert du CNI (Conseil national d’investissement). Les marques à l’ovale bleu et celle du Lion vont élargir l’offre de ce marché qui commence à reprendre des couleurs. Si le volume global prévu pour cette année 2018 sera d’environ 190 000 unités toutes marques confondues, celui de l’année prochaine sera certainement au-delà des 300 000 unités. Ce chiffre, même s’il reste encore assez éloigné de la demande du marché est loin d’être négligeable aux yeux des constructeurs qui voient en l’Algérie une porte vers plusieurs marchés africains. Ceci a d’ailleurs été souligné plusieurs fois par plusieurs patrons de marques, dont celui de Seat. Pour la marque ibérique, le marché algérien représente plusieurs enjeux. Outre qu’il est l’un de ses marchés les plus prépondérants, il constitue une fenêtre de tir sur plusieurs marchés africains. En revanche, pour Peugeot, le marché algérien lui est complètement légitime. Son capital sympathie est tel que la marque se positionne toujours dans le haut de la hiérarchie. Et c’est cette position que Peugeot souhaite retrouver sur le marché algérien, dans un délai raisonnable.

Marché algérien, une offre plus large
L’usine de Glovis Kia sis à Batna assemble aussi bien des véhicules particuliers que des camions de petit tonnage

D’autres marques sont également assemblées localement à l’image de Mercedes Benz, installée à Tiaret pour fournir certaines institutions et parfois des particuliers en véhicule utilitaires et tout terrain (4×4). Nous pouvons également citer Cherry, représentée par le groupe Mazouz qui assemble un petit utilitaire bon marché.

Cela étant, cette diversité de l’offre ne doit pas nous faire perdre de vu que la pérennité de ces sites d’assemblage passe obligatoirement par la réussite de l’élévation du taux d’intégration. La diversification des offres par l’assemblage de plusieurs modèles constitue un risque important. Dans quelques années, s’il y a échec, ce que personne ne souhaite, ce sera certainement le retour à la case départ.

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