Camion

Après la sensibilisation lancée le 7 février 2019 à la gare du Mali en zone portuaire d’Abidjan, l’Office de la sécurité routière (Oser) est entré dans la phase pratique de la formation des gestionnaires d’entreprises de transport et des conducteurs routiers en Côte d’Ivoire. Ceci dans le cadre de la deuxième phase du projet Pamoset, financé par la Banque mondiale.

Le Projet de modernisation du secteur des transports et facilitation du commerce sur le corridor Abidjan-Ouagadougou (Pamoset) a été élaboré en décembre 2016  par le Gouvernement ivoirien et la Banque mondiale avec plusieurs objectifs. Le renforcement des capacités des acteurs publics et des opérateurs de l’industrie de transport de marchandises d’abord, mais aussi la mise en place d’un système pour le renouvellement du parc de camions, entre autres. A cela, il faut ajouter la volonté des initiateurs de contribuer à l’amélioration de la sécurité routière sur le corridor.

En effet, selon les statistiques officielles de l’Oser, quelque 10.000 accidents font environ 600 tués par an sur les routes en Côte d’Ivoire, principalement à cause du mauvais comportement des conducteurs (95% des cas). De même, selon les chiffres de la Banque mondiale, principal bailleur de fonds, on dénombre chaque année 55 à 110 tués de la route sur le corridor concerné par le projet. Ces chiffres sont inquiétants. Aussi, avec cette formation, le gouvernement ivoirien espère réduire le nombre d’accidents dus aux poids lourds sur ces routes.

La formation exécutée par l’Oser concerne un total de 5000 acteurs du transport routier de marchandises, soit 1500 gestionnaires d’entreprises de transport et 3500 conducteurs routiers. Géographiquement,  en dehors du district d’Abidjan où elle a débuté dans les locaux de l’Oser à Biétry, la formation s’étendra sur 13 autres grandes villes de l’intérieur du pays dont Bouaké, San Pédro et Korhogo.

La formation en elle-même dure trois jours pour les conducteurs et 10 jours pour les gestionnaires, mais elle s’étalera sur une longue période de 18 mois, car elle se fait par petits groupes de professionnels sélectionnés au fur et à mesure.

Sécurité routière en Côte d’Ivoire : remise à niveau

Cette activité est en réalité une remise à niveau, une révision pour les acteurs du transport de marchandises afin de leur permettre d’exécuter leurs tâches quotidiennes efficacement et en toute sécurité pour les usagers de la route. Il s’agit aussi d’une action durable, qui s’inscrit dans la mise aux normes internationales du métier de transporteur.

Depuis 2015 en effet, le gouvernement ivoirien a engagé des réformes pour moderniser et assainir le secteur des transports. L’une de ces réformes concerne l’institution de certificats ou d’attestation pour exercer le métier de gestionnaires d’entreprises de transport et de conducteurs. Désormais les professionnels du secteur doivent disposer respectivement d’une attestation de capacité professionnelle et d’un certificat d’aptitude de conducteur routier.

De même, pour le gouvernement, ce projet  financé à hauteur de 25,6 milliards de FCFA avec  la Banque Mondiale comme bailleurs de fonds principal (67%), est une action sociale. Le coût d’une formation groupée pour 20 personnes à l’Oser coûte 2 millions de FCFA, alors qu’elle est offerte gratuitement aux acteurs du secteur routier à travers le projet.

Enfin, le Pamoset n’est pas la première initiative en matière de renforcement des capacités des acteurs du transport. En 2017, l’Union européenne avait initié un projet de perfectionnement des gestionnaires et conducteurs professionnels, qui avait permis de former près de 3 500 personnes.

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Marius Nouza

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