salon automobile Abidjan

Le 16 décembre les rideaux se sont refermés sur le premier salon de l’automobile organisé en terre ivoirienne à Abidjan. Plus de 60 stands et 150 exposants, conférences plénières et divers panels ont permis de balayer les différents enjeux, aspects et impacts de l’automobile et de son secteur dans la vie des ivoiriens. Mais aussi les risques d’une concurrence déloyale qui pourrait déstabiliser un secteur d’activité qui pèse lourd sur le plan fiscal et social en Côte d’ivoire.

Cette requête aura retenu l’attention des participants et exposants au premier Salon de l’automobile d’Abidjan (SAA 2019).  Annoncée à l’ouverture puis rappelé avec insistance à la clôture, elle figure au nombre des préoccupations que le Groupement interprofessionnel automobiles, matériels et équipements (Gipame) juge légitime. Pour les membres de cette organisation, le secteur informel leur fait une concurrence déloyale devant laquelle le gouvernement doit réagir. Mettant en avant leur contribution à l’économie sous diverses formes (taxes douanières et impôts estimés à plus de 82 milliards) avec un chiffre d’affaires de 383 milliards de fcfa pour une masse salariale de 22 milliards de fcfa, ils demandent à l’Etat d’intervenir pour mettre un terme à ce marché informel concurrentiel qui ne lui rapporte rien ou du moins amener ses acteurs à se conformer aux formalités de déclaration de leurs activités. Arthur Moloko, directeur des opérations de Saari motors, représentant le Gipame à la clôture a mis en exergue cette requête. « Au niveau du Gipame, nous sommes attaqués par le secteur informel malgré cette grande contribution à l’économie ivoirienne. Il faut que l’Etat nous accompagne. Nous avons en face de nous des opérateurs informels qui importent à ciel ouvert les mêmes véhicules que nous sans payer de taxes ». Face à cette requête, le représentant du ministre des transports, par ailleurs directeur de cabinet, Hamed Diomandé, a annoncé avoir pris bonne note avec la promesse que des rencontres auront lieu ultérieurement pour approfondir toutes les préoccupations des acteurs de l’automobile.

En plus de découvrir les modèles automobiles exposés sur les stands, les visiteurs pouvaient également assister à des panels au nombre de 5. Panels qui portaient sur diverses préoccupations et thématiques comme : innovations technologiques véhicule au gaz, hydrique et électrique, mesures d’accompagnement pour l’acquisition d’un véhicule neuf par le consommateur, mise en œuvre et impact des mesures de limitation de l’âge des véhicules d’occasion importés, la sécurité routière, l’environnement et la pollution atmosphérique dues aux véhicules et la qualité du carburant. Ces deux derniers panels ont été animés par Argus CI.

Sur la question environnementale les panélistes ont estimé que la population respire mieux grâce à l’impact de la mesure de limitation de l’âge des véhicules importés. « Au-delà des critiques arguant d’une mesure trop en faveur des concessionnaires, la limitation de l’âge des véhicules a eu un véritable impact sur l’environnement. La population respire mieux parce qu’on a des véhicules de moins en moins polluants » a estimé Arthur Moloko dans le bilan du salon lu à la cérémonie de clôture.

Les différents panels avaient des objectifs et abordaient des problématiques clés à savoir faciliter l’émergence d’un parc automobile performant et faible en consommation de carburants, protéger l’environnement par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la promotion du secteur privé, le positionnement du secteur automobile face au défi de la lutte contre le changement climatique, comment faire profiter l’Afrique des nouvelles technologies et évolution dans le secteur automobile, passer à la mobilité durable dans le secteur urbain, notamment à travers le co-voiturage, etc.

Marius Nouza

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