Le site d'assemblage de Sovac Production

La clientèle algérienne en quête d’un véhicule neuf, devra se montrer patiente afin d’en acquérir un et ce en raison de la capacité de production des usines d’assemblage locale, encore modeste.

Partant du constat que le marché algérien peut absorber plus de 450 000 unités par an, il est donc aisé de dire aujourd’hui, que cette demande est encore loin d’être satisfaite. La raison réside dans l’incapacité des usines d’assemblage à produire des volumes suffisants. Cela est certainement dû au choix du mode de production choisi, le système SKD en l’occurrence. Si le système SKD est un passage obligé, disent de nombreux experts et autres constructeurs, il convient de souligner que le Ministère de l’industrie a établi un plan de marché dans le cahier des charges régissant cette activité, en signifiant au constructeur l’atteinte d’un taux d’intégration de 15% la troisième année, puis celui de 40% au bout de cinq ans d’exercice. En contrepartie, les pouvoirs publics ont accordé de nombreux avantages fiscaux et parafiscaux pour encourager cette industrie naissante qui permettra à l’Algérie, d’ici quelques années, de disposer d’un véritable tissu industriel, à même de répondre aux besoins du marché.

Renault Symbol –  Algérie

Renault Symbol sur la ligne de montage

Comme souvent sur le marché algérien de l’automobile, c’est le constructeur français Renault qui a été le premier à franchir le pas pour installer près d’Oran, son usine d’assemblage. Aujourd’hui, soit quatre ans après son démarrage, Renault Algérie Production a atteint en 2017, 60 000 unités et prévoit d’assembler 80 000 cette année. La gamme produite est limitée à trois modèles, Symbol, Clio4 et Sandero Stepway. Sachant que pour acquérir un de ces modèles il faut souvent patienter plusieurs mois après avoir passé commande, une question se pose d’elle-même concernant la volonté de ce constructeur d’augmenter sa capacité de production. Pourtant Renault Algérie Production, en sa qualité de filiale de constructeur, dispose de tout le savoir-faire et de la compétence nécessaire pour franchir un nouveau palier en termes de volumes assemblés. Faudra-t-il attendre le démarrage de l’usine de Peugeot (son rival historique) pour que les choses bougent ? Seul l’avenir nous le dira.

Inaugurée en Juin 2017, l’usine de Sovac Production compte atteindre un volume de 35 à 40 000 unités assemblées dès cette année. Depuis Janvier dernier, cette usine multiplie les arrivées de modèles sur ses lignes de montage puisqu’aujourd’hui, pas moins de sept modèles sont assemblés sur ce site. Il s’agit des Volkswagen Polo, Golf et Caddy, des Seat Ibiza, Leon FR et Arona et de la Skoda Octavia. D’ici la fin de cette année, il est prévu l’assemblage des Volkswagen Tiguan et Passat ainsi que la citadine Skoda Fabia. Mais malgré cette multiplication des modèles, Sovac n’arrive pas encore à atteindre sa vitesse de croisière sur le plan du volume produit.

Hyundai Accent – Usine TMC

Usine TMC: Hyundai Accent lors de l’opération de contrôle qualité

Deux autres sites de production sont en activité et concernent les marques sud-coréennes Hyundai et Kia. Celui de TMC Hyundai est situé à Tiaret et Kia El Djazair à Batna. Le manque d’ouverture et de communication de ces deux usines d’assemblage rendent difficile la visibilité sur leurs plans de marché respectifs. Qu’à cela ne tienne, il est prévu qu’au cours de cette année 2018, ces deux sites produiront un volume avoisinant 60 000 unités. Tout cela pour dire que le volume global prévisionnel qui sera mis sur le marché avoisinera les 180 000 unités. Ce qui représente bien moins que la moitié des besoins du marché. En attendant, l’usine de Peugeot en construction actuellement, prévoit d’atteindre rapidement 75 000 unités, démarrera son activité dans quelques temps et apportera sa contribution pour élever le volume global assemblé localement.

Le marché est donc averti. Il devra continuer à patienter pour voir ces sites industriels arriver à produire des volumes conséquents, sous réserve qu’ils gagnent la bataille du taux d’intégration, car l’avenir même de cette industrie embryonnaire, reste largement tributaire de l’arrivée d’un réseau de sous-traitants capables de produire des composants et autres collections nécessaires aux véhicules assemblés. Sinon, toute cette histoire d’industrie automobile algérienne, n’aura été que de la littérature.

Réagir à cet article