Mondial de Paris - Président de SEAT Luca De Meo
Le président de Seat, Luca De Meo posant pour Africargus devant le nouveau SUV Tarraco - Mondial de Paris

Rencontré sur le stand de la marque ibérique, Luca De Meo, président de Seat, s’est montré disponible pour échanger avec nous et répondre à nos questions.

Vous conviendrez avec moi que de nombreuses difficultés liées au taux d’intégration et notamment celles liées à attirer les équipementiers internationaux font que les projets industriels lancés en Algérie font face à de grandes difficultés pour se développer. Quel est votre sentiment ?

Vous savez, nous avons tout simplement besoin d’un cadre réglementaire clair et bien établi sur le long terme. Cela est nécessaire. Un projet de construction automobile ne peut se concevoir sur le court terme. C’est une industrie qui nécessite beaucoup de temps pour se développer et apporter sa contribution de croissance à l’économie d’un pays. Pour ce qui est de votre pays, nous avons une entière confiance en l’Algérie et ses autorités pour relever ce défi. Les autorités algériennes ont bien compris nos exigences et c’est à elles de faire le nécessaire pour faire aboutir ces projets. Pour notre part, nous sommes enthousiastes pour réaliser ce projet très sérieux. Nous sommes très motivés à l’idée de continuer, notre projet est sérieux et nous espérons que chacune des parties fasse son travail afin qu’ensemble nous puissions réussir à installer une véritable industrie automobile dans votre pays.

Sur le marché algérien, vous avez prit le parti d’aller davantage sur les motorisations à essence. Dans cette perspective, vous voulez développer le marché du Gaz naturel. Où en êtes-vous dans ce projet ?

Effectivement, nous voulons promouvoir cette idée très intéressante sur le double plan de l’écologie et de l’économie, l’Algérie étant un grand producteur de gaz. C’est une alternative intéressante, et à ce titre j’ai rencontré les responsables de Sonatrach ainsi que les autorités du pays pour leur soumettre cette idée. Nous espérons que le pays développe les infrastructures nécessaires à la distribution du gaz naturel, cette partie-là n’est pas de notre ressort. Ce que nous voulons faire, c’est mettre à la disposition du marché algérien une gamme riche et diversifiée, utilisant le gaz naturel comme énergie, ce qui serait profitable pour le consommateur local mais également pour l’économie du pays.

Sincèrement, êtes-vous optimiste quant à la réussite de ces projets industriels lancés en Algérie, dont vous êtes un des acteurs ?

Vous savez, nous sommes convaincus qu’il est possible d’aller vers la conquête de nouveaux territoires. Nous sommes deux pays voisins et nous voulons trouver des opportunités pour lancer cette industrie automobile, qui je le rappelle, est créatrice de richesse et d’emplois valorisants. Maintenant, c’est une industrie qui nécessite du temps pour se développer, mais je reste confiant au regard du potentiel des marchés maghrébins et ceux d’Afrique d’une manière générale.

En tant que constructeur, vous n’êtes pas sans savoir que vous faites face à des demandes complètement différentes selon les marchés. Il y a celles des marchés matures, comme l’Europe, l’Asie et l’Amérique, dont les normes et les exigences sont très élevées et il y a celles des pays émergents comme ceux d’Afrique qui sont plutôt des marchés d’accès à l’automobile, avec un niveau d’exigence basique. Comment appréhendez-vous cette situation ?

C’est un processus qui s’est répété plusieurs fois dans l’histoire de l’industrie automobile, j’en veux pour preuve ce qu’avait connu Volkswagen quand la marque s’est installée en Chine. Depuis, le marché Chinois a bien avancé et est devenu un des marchés les plus évolués dans le monde. Les économies évoluent et les marchés aussi. Tout cela n’est que des cycles qui se reproduisent selon les régions et selon les marchés, c’est tout à fait naturel. Notre rôle en tant que constructeur consiste à proposer sur chaque marché une offre qui lui corresponde.

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