UPIAM: Les contrats de filière en débat
Latifa Turki Liot, présidente de l'UPIAM, lors de son intervention

Dans le cadre du cycle de conférences organisées par CARE sur le sujet de l’intégration locale, Madame Latifa Turki Liot, présidente de l’UPIAM (Union Nationale Professionnelle de l’Industrie Automobile et Mécanique), est intervenue avec brio pour expliquer les enjeux liés à la « part locale ».

Dès le début de son intervention, Latifa Turki Liot, a tenu à définir le concept de « la part locale » dans les contrats industriels. Selon elle, « il représente la valeur ajoutée ou créée par le partenaire dans l’utilisation des ressources nationales, afin de dynamiser la croissance économique et renforcer durablement les capacités industrielles du pays receveur ». Dans ses explications à une assistance malheureusement pas très nombreuses mais très intéressée, l’oratrice a insisté sur l’importance de s’assurer sur le plan contractuel que « le partenaire se mobilise pour contribuer à créer des emplois, à dynamiser le tissu économique et de faire progresser en permanence la part locale de ses activités dans ces pays ».

Bien entendu, avant d’arriver à cette étape considérée comme une des finalités d’un projet industriel, la « part locale » peut prendre plusieurs formes sur lesquelles le partenaire s’engage formellement dans un contrat. Il peut s’agir en faisant en amont un état des lieux de la situation des ressources humaines et industrielle et des attentes des parties prenantes sur le projet. Il peut également soutenir, accompagner et intégrer les PME-PMI opérant dans le secteur entrant dans le domaine d’activité objet du contrat, comme il lui est possible de contribuer à créer des emplois directs et indirects et recourir autant que possible aux capacités locales et enfin s’engager à transférer son savoir-faire.  En bout de compte, il s’agira pour le partenaire de s’engager contractuellement à contribuer à l’encrage local des activités et au développement du tissu économique local.

UPIAM: Les contrats de filière en débat
Vue de la conférence animée par la Présidente de l’UPIAM

Poursuivant son intervention, Latifa Turki Liot a abordé un sujet d’une importance prépondérante : Le contrat de filière automobile. Pour elle, les pouvoirs publics se doivent d’être en première ligne dès lors qu’il s’agit de planifier sur le long terme les actions à mener selon un agenda partagé avec l’ensemble des intervenants, qu’ils soient les grands donneurs d’ordre, les receveurs d’ordre ou les experts et autres consultants, représentés par l’UPIAM. Ce contrat de filière doit formaliser le suivi et l’évaluation du plan d’actions arrêté entre les parties, souligner l’engagement des parties à atteindre dans les délais impartis les objectifs tracés par les pouvoirs publics, limiter les risques de dépendance réciproques entre donneurs d’ordres et fournisseurs, identifier les secteurs prioritaires de la filière, encourager la création d’une banque de projets et enfin accompagner les sous-traitants existants par la modernisation du process de fabrication et de montée en gamme, et s’il s’agit de nouvelles créations, adapter le dimensionnement des investissements et mettre en œuvre un accompagnement jusqu’à l’entrée de l’exploitation. Enfin, il faudra développer et mettre en place un programme de formation et de gestion des compétences.

Dans un autre registre, la conférencière a souhaité voir émerger un véritable écosystème stratégique articulé autour de l’Etat, le Patronat et le Privé, qui se traduirait par l’engagement de chacune des parties à respecter des objectifs mesurables définis communément en matière d’emplois, de compétitivité industrielle et de développement de la PME.

A la suite de cette présentation, un riche débat a eu lieu entre les intervenants, généralement des cadres issus du secteur automobile et la conférencière qui n’a pas hésité à répondre sans détour, à toutes les questions.

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