Careem Logo maroc

Rien ne va plus dans le secteur des VTC au Maroc (application de transport urbain à base de Véhicule de Tourisme avec Chauffeur). Du rififi et des bouleversements inattendus feraient de cette saga une histoire tragi-comique … si l’on occultait l’importance vitale de la mobilité dans nos grandes villes congestionnées et en manque de solutions de transport.

Il était une fois, Uber au Maroc…

Au Maroc, tout a commencé par l’arrivée à Casablanca il y a bientôt 4 ans du californien Uber qui avait fait grand bruit. Lassé par d’interminables batailles de rues, mais aussi juridiques, c’est par la petite porte que s’acheva l’aventure 2 ans plus tard en 2017, de celui qui reste la référence des applications VTC à travers le monde.

uber careem heetch maroc

Pendant ce temps-là, le Dubaïote Careem et le français Heetch s’étaient eux aussi engouffrés dans la brèche ouverte par l’américain, en empruntant des sentiers différents.

heetch maroc logo

Careem, prenant le contre-pied d’Uber, était fier d’avoir surmonté « quelques obstacles momentanés et franchissables ».

Quant au troisième larron, Heetch, dont l’approche est différente, avait anticipé les problèmes, en procédant au préalable à la signature d’un partenariat débouchant sur la création de la plateforme “Fiddek” avec le Syndicat National des Taxis Marocains de l’UMT, en décembre 2017.

application fiddek heetch maroc

Uber, le retour en grandes pompes

Cependant, lors de son départ, Uber avait prévenu en tenant à préciser dans un communiqué que ce n’est qu’un « Au Revoir » et qu’un retour est envisageable en soulignant que l’entreprise tient toujours à sa présence au Maroc.

Et c’est ainsi qu’il s’est mis en tête de racheter son concurrent au Moyen-Orient, Careem, pour 3,1 milliards de dollars. L’information a été dévoilée cette semaine dans un communiqué conjoint aux deux sociétés.

Careem application maroc

Dans le dernier acte en date, Heetch Maroc saisissait le Conseil de la Concurrence au sujet de Careem afin de dénoncer un cas de concurrence déloyale, argumentaire et éléments juridiques à l’appui.

L’application française a présenté une liste des infractions à la loi et pratiques frauduleuses qu’exercerait l’application Careem dans les domaines du transport public mais aussi touristique qui engendrerait une distorsion du jeu de la concurrence.

Careem contre Heetch

Le point de discorde s’établit sur le fait que les deux applications reposent sur des business models bien différents. D’un côté, Heetch utilisant une collaboration avec l’UMT et les syndicats de taxis, cette activité ayant également obtenu l’agrémentation de la Wilaya de Casablanca.

Et de l’autre, Careem met en relation des conducteurs non professionnels et non agréés avec des clients. Appelés dans ce cas «captains» ou «ambassadeurs» , ils ne répondent à aucune exigence légale, parmi lesquelles l’obligation d’obtenir un agrément et une autorisation.

Pour Heetch, les chauffeurs professionnels sont soumis à des contraintes légales permettant à l’Etat de s’assurer que l’activité du transport public, touristique et scolaire soit bien exercée par des professionnels compétents auxquels les consommateurs peuvent avoir confiance : d’où une concurrence déloyale pour les chauffeurs professionnels.

uber taxi maroc

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En exerçant une activité réglementée au travers de chauffeurs qui ne s’acquittent d’aucun agrément ou autorisation, ces applications s’accaparent des parts de marché qui sont normalement réservées à des acteurs respectant la législation en la matière, notamment le règlement de charges conséquentes.

Affaire à suivre en attendant la riposte médiatique et juridique de Careem encore euphorique à l’idée d’allier ses forces à Uber … « Pour le bien des utilisateurs » comme l’a souligné le PDG de Careem, Mudassir Sheikha, en saluant l’accord, affirmant que cela profiterait aux clients :

Joindre nos forces avec Uber nous aidera à accélérer les objectifs de Careem, de simplifier et améliorer la vie des gens.

Rendez-vous au prochain acte.

Ahmed DAROUICHE

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