Francessco Monaco PDG FCA Maroc

PDG de Fiat Chrysler Automobile Morocco (FCA Maroc) depuis avril 2018, Francesco Monaco, est un calabrais pur jus de 51 ans, sportif, aventurier, et compétiteur dans l’âme. Ce passionné de moto et de karting est aussi un ingénieur en mécanique diplômé en économie (Master à l’université de Turin), père de deux filles restées en Italie auprès de sa femme, avocate à Turin.

Francesco Monaco a pour mission de piloter et de faire évoluer l’image de marque ainsi que les parts de marché du groupe FCA au Maroc.

A : Bonjour tout d’abord et bienvenue au Maroc !

Rire !… En fait vous savez… je suis un vétéran du Maroc.

A : Justement à ce propos, pouvez-vous nous résumer votre parcours ?

Je suis chez FIAT et Alfa Romeo depuis 23 ans. J’ai touché à tous les secteurs de l’activité. D’abord , dans le département production, ensuite dans le département technique, à l’usine qui produisait la Panda et l’Alfa 147. J’ai participé à la conception de la boîte à air et de l’échappement de la 147.

Par la suite, j’ai migré vers le département après-vente au Benelux de 2005 à 2007, une période durant laquelle je m’occupais des flottes. Après cela, je suis parti m’occuper du développement du réseau de vente en Afrique Subsaharienne, en Angola, Cote d’Ivoire, Cameroun, Gabon, au Nigeria… pour ensuite passer une petite période dans le Moyen Orient et atterrir en Egypte pour quelques mois en tant que CEO (Directeur Général). La situation y était très difficile, pour diverses raisons dont notamment la dévaluation de la monnaie locale par rapport au Dollar… au final, malgré d’énormes difficultés financières au début, j’ai quitté le pays avec un groupe en bonne santé et en pleine progression au bout d’un peu plus d’un an (13 mois). Et me voilà ici au Maroc.

A : Vous êtes là depuis le mois d’avril 2018, quelle situation avez-vous trouvé à votre arrivée ?

En arrivant ici, j’ai trouvé un groupe un peu à la peine, avec des parts de marché en retrait, autour de 7% alors qu’en 2012-2013 cela tournait autour de 13-14% de parts de marché. Mais c’est surtout en termes d’esprit et d’ambiance de travail que la dynamique était mauvaise… que ce soit à l’intérieur ou même la relation avec les concessionnaires… Mais dans tous les cas, le potentiel est bien là, surtout en termes de capital humain. De plus, j’ai eu la chance d’arriver en pleine période de l’Auto Expo à Casablanca, ce qui m’a permis de rapidement être en prise direct avec le marché marocain.

A : Quelle photographie en avez-vous tiré de ce marché marocain ?

En plein développement, très orienté vers les SUV, et le ludospace. Le segment C (des compacts) est en plein expansion aussi. C’es de bon augure vis-à-vis de notre gamme de produit.

Il gagne toujours plus en maturité. Avec des typologies de clients qui émergent réellement et de plus en plus identifiables.

A : Si on devait comparer le marché égyptien et marocain ?

Une réelle similarité se dégage au niveau de la préférence des clients pour les SUV et les compacts du segment C. En revanche, une grande appétence pour les berlines sedans à boîe automatique existe en Egypte : 80% du marché, avec une production locale très présente, et des véhicules de marques chinoises.

Les moteurs diesel sont réservés à l’usage des camions et autres tracteurs… d’ailleurs, cela va dans le sens du futur du groupe, car d’ici 2022, l’abandon du moteur diesel et l’électrification de la gamme sera actée avec l’arrivée de petits moteurs essence trois cylindres 1000 cc et 1300 cc développant une puissance allant de 100 à 140 CV représentera à nos yeux le meilleur compromis entre consommation et impact écologique… Le consommateur marocain doit s’y préparer car cette transition est déjà enclenchée.

 A : Le Motorvillage est un bel outil, avec le recul de quelques mois d’exploitation après son ouverture, quel bilan en tirez-vous ?

À vrai dire, je ne suis pas encore tout à fait satisfait de l’utilisation d’un tel endroit pour le client final : une telle structure offrant une piste d’essais de vitesse, un espace Off-Road, et autant d’atouts ne doit pas être seulement considéré comme étant un simple distributeur de voiture. Le client est encore trop vu comme un simple numéro au lieu d’être traité avec toute l’attention qu’il mérite… et ce à chaque étape de son achat et de son utilisation de sa voiture. Pour ce faire, un travail de fond est déjà en cours d’avancée, comme par exemple, l’ouverture pendant les week-ends, les habillages de chaque espace de marque, les processus de livraison… etc.

A : D’après vous, quelle est la perception des marocains à l’égard de la marque FIAT ?

À mon sens, je pense qu’elle est positive. Très positive même. Le marocain en général est très ouvert aux produits italiens et à « l’italianité ». La Fiat UNO a marqué son époque, au Maroc, un peu à l’image de la Fiat 500 dans l’Italie d’après-guerre.

A : Depuis votre arrivée, on a constaté un redressement spectaculaire des ventes, et ce sans lancement de modèle en particulier. Comment avez-vous fait pour atteindre un tel niveau ?

Premièrement, je ne suis ni magicien, ni un « fenomeno » (un génie) …

Je suis un travailleur passionné, déterminé à dépasser les objectifs qui me sont attribués. Concrètement, j’ai essayé d’aller vite en appelant les concessionnaires, les commerciaux, pour les soutenir et les rendre plus agressifs avec un discours très clair. De plus, j’ai créé une nouvelle équipe commerciale plus orientée vers les ventes avec tout le soutien du département marketing. Il s’agissait de remobiliser les troupes avec beaucoup de passion et d’amour pour la marque et les hommes.

A : Quelles sont les nouveautés attendues cette année en termes de produit ?

Beaucoup de belles surprises vous attendent pour cette année et celles à venir.

Après le lancement du nouveau Jeep Renegade au printemps, on compte sur le restylage du Fiat 500X mais aussi sur de nouvelles versions de la Fiat Tipo et l’Alfa Romeo Giulia.

On prépare aussi activement l’arrivée des marques et de leurs modèles les plus charismatiques d’outre-Atlantique : il s’agit dans un premier temps des Dodge Challenger SRT Hellcat de 707 CV, de la Challenger, ainsi que du SUV 7 places Durango.

Le pick-up RAM fera aussi son arrivée, étant donné l’attrait de certains marocains pour ce genre de véhicule « exotique » qui se démarque fortement de la masse du parc actuel circulant.

Ahmed DAROUICHE

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